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Declan de Barra
A Fire to Scare the Sun

Un folk heurté et abîmé, chanté d’une voix absolument inouïe.

Récemment, au festival EuropaVox, tel un rat dans la légende de la flûte d’Hamelin, on fut littéralement happé par un chant, traîné de force vers un chapiteau par la douceur d’une voix d’ange. On attendait un barbu malingre, un dandy émacié : on découvrit un solide Irlandais, dont la carcasse épaisse de baroudeur tranchait étonnamment avec la voix inquiète, innocente, céleste – comme si ce mince filet voltigeur cherchait, un peu comme chez Elliott Smith, à s’évader d’un corps malmené, bourlingué.

On ne parle pas vraiment de chant ou de chansons ici, mais plutôt d’incantations, de psalmodies, de divagations, d’histoires à cauchemarder debout, qui disent que la campagne irlandaise est nettement plus inquiétante et hantée que les bas-fonds urbains, que le folk peut être beaucoup plus noir et possédé que le rock. Comme à chaque fois qu’une voix ose ainsi la danse de Saint-Guy dans l’ascenseur du paradis, on évoquera les cascades folles de Jeff Buckley, sa jouissance à toiser le vertige.

Dommage qu’avec une voix aussi ivre d’espace, aussi peu craintive du vide, de Barra se déleste parfois de la musique, un poids mort qui visiblement encombrerait ses ascensions. Car quand les chansons sont à la hauteur de ce chant païen, A Fire to Scare the Sun vire au feu sacré.

Inrocks - Benjamin Montour


Live review LE PAYS - Photo Darek Szuster

La Semaine de la chanson à la Filature a débuté en beauté avec l’Irlandais Declan de Barra, un barde poète venu du cosmos.

Cette année, la Semaine de la chanson, c’est un peu l’Eurovision avec en tête l’Irlande, « ten points »…

Première grande et belle surprise pour cette nouvelle édition de la Semaine de la chanson tournée de plus en plus vers l’international. En vedette sur la scène de la salle modulable de la Filature, un solide gaillard irlandais qui, en trois coups de cuillère à pot, s’est mis le public dans la poche.
Pourtant, le troubadour Declan de Barra n’allait pas avoir la soirée paisible côté technique, avec des problèmes de réglage de son sur les retours, une guitare qui lui a causé quelques soucis de corde.
Mais le flegme de ce barde des temps modernes allait surmonter ces petites misères pour donner le meilleur de lui-même, accompagné avec complicité par une délicieuse violoncelliste Maeva Le Berre, un talentueux et jeune bassiste Vincent Martinez.
Chanteur, compositeur et interprète, Declan de Barra a une présence quasi magnétique sur scène et il a ce que l’on appelle du coffre, une voix incroyable, que ce soit la justesse, la tessiture mais surtout la puissance d’une ampleur exceptionnelle. Avec des colorations vocales qui rappellent tantôt Sting, Joe Cocker, Zucchero ou Murray Head, celui que le public averti a eu l’occasion de découvrir en première partie du duo Aaron n’avait à l’époque qu’un album à son actif Song for a thousand birds, suivi depuis peu de temps par le tout aussi réussi A fire to scare the sun.
Alternant dans une totale apesanteur, ballades irlandaises, folk de irish pub, douloureuses plaintes et cris d’espoir, Declan distille un univers qui vous scotche et vous balance au rythme d’une mer déchaînée.
Seul petit bémol dans cette belle harmonie musicale, il fallait samedi soir être parfaitement imprégné de la langue de Shakespeare pour partager les bavardages de Declan et profiter pleinement de ses private jokes. Heureusement, il restait l’atmosphère des chansons et là pas besoin de traduction simultanée, c’est le cœur qui parlait.


REBIRTH.COM *****

Declan De Barra, A Fire To Scare The Sun.

Là où le précédent album de ce chanteur irlandais hors du commun, “Song of a thousand birds”, explorait des horizons variés, on retrouve ici la quintessence de son talent. Et c’est la voix de De Barra qui donne à ces chansons cette profondeur unique et qui fait de lui un chanteur incomparable. Une intensité sombre et magnifique, une douceur et une puissance qui touchent au plus profond de l’âme. Une voix singulière qui vous transporte. Un concentré d’émotions, acte fondateur d’une nouvelle forme de "dark folk".

Enregistrées et produites par Declan de Barra dans son propre studio, dans un appartement
abandonné de Dublin, ces chansons ont été écrites pendant plus d’un an au cours de ses
pérégrinations en France, en Allemagne, en Inde et en Irlande.

On retrouve sur cet album :
- à la batterie : James Dunne, de l’Orchestre Symphonique d’Irlande (Radio Telefis Eirann National
Symphony Orchestra)
- au violoncelle : Mary Barnecutt, sa complice de longue date avec qui il a beaucoup tourné
- au violon et à l’alto : Cora Venus Lunny, une virtuose classique époustouflante. Après avoir
entendu chanter Cora lors d’un concert donné ensemble à Copenhague, Declan l’a convaincue de
chanter sur la magnifique et obsédante dernière chanson de l’album : “Red Forests”.

De Barra reste évasif et réservé quant à l’explication du sens de ses paroles.
"Je n’explique jamais vraiment les paroles, ce serait manquer de respect aux auditeurs et aux
chansons elles-mêmes. Une image ou un petit film différent d’un auditeur à l’autre défile dans leurs
têtes lorsqu’ils écoutent une chanson. Ainsi la chanson leur appartient, elle évoquera la première fois où ils l’ont entendue, et ce qu’elle signifie pour eux dans leur tête et dans leur coeur. De la sorte, une chanson vit un million de vies différentes."

Les visuels de l’album, également créés par De Barra, sont peuplés de lièvres, de corbeaux, de
daims et de chouettes, au milieu de paysages urbains. Des animaux récurrents dans la mythologie
irlandaise. Ces illustrations, tout comme la musique, balancent entre deux mondes, entre le passé et le présent, entre la civilisation et l’état sauvage. Semblant baigner dans un état de perpétuel changement, "A fire to scare the sun" distille une musique qui siérait à un pub dans l’ouest irlandais, un club indie à New York, un café au Liban ou un squat punk à Berlin. Cet album flotte entre plusieurs genres musicaux et pourtant semble n’appartenir à aucun.

Cet album apparaît surtout comme une note d’espoir et de rébellion face à l’oppression et à
l’adversité. “Je suis fier de ce disque, je considère chaque chanson comme s’il s’agissait de ma dernière. Leur existence est un petit "fuck you" face à la dure réalité d’être un musicien, un artiste ou un écrivain. Vivre de ses créations, c’est parfois comme tenir 12 rounds sur un ring de boxe, vous en sortez endolori et épuisé mais aussi euphorique et plus vivant que jamais.


FNAC

Poète et troubadour, chanteur à la voix profonde, Declan de Barra est aussi un songwriter rare. Ses chansons sont des blues modernes, des pastels néo-folk où se lisent en filigrane ses amours musicales, qui vont de Shane McGowan à John Coltrane en passant par Lisa Gerrard et Henry Rollins. Sur disque comme sur scène, il nous envoûte, tout simplement.


Lezindestructibles.com

Declan de Barra est de retour avec un nouvel album, sorti tout juste un an après le premier (Songs of a Thousand Birds, resté très discret). Irlandais pure souche, il revient aux sources - après une échappée en Australie où il a beaucoup tourné, notamment avec Clann Zú – s’entoure d’un violon (Cora Venus Lunny), d’un violoncelle (Mary Barnecutt) et d’une batterie (James Dunne) et enregistre chez lui ce magnifique A Fire To Scare The Sun. Un bijou de pure émotion.

Extrait : Until The Morning Comes

Cet album presque acoustique oscille entre folk et blues. Avec une voix envoutante qui n’est pas sans rappeler celle de Jeff Buckley (Until the Morning Comes), Declan de Barra nous ballade dans un univers intense et mélancolique, entre rage (57 Years) et envoutement (Red Forests). Une vraie ballade irlandaise, dans les landes, ou au pub…

Et on y est tellement bien que l’album semble un peu court (10 titres pour seulement 30 mn), mais il ne faut pas compter sur les concerts pour se rattraper, car si on a raté les 4 dates françaises début février, rien d’autre n’est annoncé.


(Presque) Fameaux

Alors, je vais à l’endroit où j’entasse les disques que je dois écouter. J’en prends un au hasard. Sa pochette, superbe, n’évoque aucun style particulier. A peine en déduit-on que ceci n’est pas un opus de brit pop ou de r’n’b. Le nom fait penser à celui d’un navigateur portugais. Je glisse A fire to scare the sun dans le lecteur et me pose sur une chaise, face à la fenêtre.

La voix de De Barra m’emporte aussitôt, à l’image des langues de vent balayant les cristaux. Comme ces courants d’air glacés, ce timbre peut monter très haut et tutoyer le ciel. Pris dans ses poignantes turbulences, je ne suis plus qu’une particule de glace, une simple molécule bousculée par la tempête. J’ai beau me savoir en terrain connu – De Barra évoquant plus que sûrement Jeff Buckley, parfois Springsteen – je n’en reste pas moins égaré. De Barra se place à nu, s’accompagnant seulement d’une guitare, parfois de cordes. Dépouillée, ses compositions sont d’une fabuleuse puissance, certaines évoquant rien de moins que cette merveille de Build a home, pièce maîtresse de Ma fleur, du Cinematic Orchestra.

La nuit commence à tomber, les réverbères s’allument, et une étrange couleur orangée imprègne désormais la rue. A fire to scare the sun recommence une énième fois, et je suis ailleurs. La neige est tombée, s’est accumulée et même s’il chante dans ma maison, l’humanité parait avoir disparu. Cet opus triste, sombre mais intense, furieusement gorgé de sentiments, est la bande son idéale de cette journée isolée. En compulsant le dossier de presse, j’apprends que Declan de Barra est irlandais, pas portugais, et que A fire to scare the sun est son second album. Je me sens soulagé de l’avoir écouté, comme s’il avait capturé toutes les mauvaises ondes qui m’accablaient.